Démarche
Le signe comme matière, l’écriture comme geste
Mon travail s’inscrit dans une recherche autour du signe, de l’écriture et du geste. Formé à la typographie et à la calligraphie, je m’intéresse depuis de nombreuses années aux formes que peut prendre l’écriture lorsqu’elle se détache progressivement de sa fonction de langage.
La lettre, le signe et le tracé constituent le point de départ de cette recherche. Je les observe, les transforme, les répète, les superpose jusqu’à ce qu’ils cessent d’être seulement porteurs d’un sens pour devenir des formes, des rythmes, des traces et des matières.
L’écriture asémique occupe une place importante dans ce travail. Elle permet de conserver quelque chose de l’écriture — son mouvement, sa structure, son rythme — tout en laissant de côté la nécessité de lire et de comprendre. Entre lisible et illisible, le signe devient alors un espace ouvert, qui peut être regardé autant que déchiffré.
Cette démarche prolonge naturellement mon travail de typographe et de calligraphe. Après avoir consacré une grande partie de mon activité à construire des lettres et des systèmes d’écriture avec précision, je peux aujourd’hui les aborder autrement : les fragmenter, les déformer, les libérer de leur fonction et laisser davantage de place au geste.
La peinture, le dessin, la gravure et le livre d’artiste sont autant de territoires où cette recherche peut se développer. Chaque support impose ses propres contraintes et fait apparaître de nouvelles possibilités : la trace de l’encre sur le papier, l’empreinte de la gravure, la matière de la peinture ou encore le rythme particulier du livre.
Cette recherche reste ouverte. Elle avance par expérimentations, par déplacements et par reprises, entre la rigueur du dessin et la liberté du geste.